Au Cerf Farceur… une histoire d’amour

L’auberge du Cerf Farceur (anciennement « Serf Farceur »)

Ville de Saint-Marcelon-des-trentes-vierges. Vue de l’université Notre-Dame-de-la-nuit-noire-de-la-fin-des-temps avec l’auberge du Cerf Farceur au premier plan.

Gilbertienne de Montsolange accaparait une fois de plus toute l’attention lors d’un colloque sur les coquillages lorsqu’elle fut agressée par des voyous a capuche de l’école monacale capuchienne de Saint-Marcelon-des-trentes-vierges. L’amphitéatre était a moité vide lors de l’attaque. Les bancs usés aux couleurs de l’église de Jésus-Christ-de-la-nuit-noire-de-la-fin-des-temps témoignaient d’un passé prestigieux a jamais éteint. Lorsque ceux ci craquèrent sous l’impact du gros corps flasque de Gilbertienne, la première pensée qui traversa la tête de Furnoncule Mercier fut l’image d’une Baleine a bosse traversant la banquise lors d’un combat a mort contre des harponneurs Japonais.
Par la magie de l’inertie, l’épaisse carcasse de Gilbertienne dégringolât jusqu’à l’estrade centrale avec perte et fracas, entrainant le président honoraire du club des étudiants créationnistes dans un déluge d’esquilles.

-Bordel de merde hurla un des Capuchien, fallait vraiment qu’elle se casse la gueule jusqu’en bas tiens.

Les genoux craquant sous les rhumatismes, le chef de bande descendit en gémissant la douzaine de marches qui le séparaient de l’amas de chair frémissant qui gisait au centre de la pièce.

-Bon maintenant tu va le fermer ton claque merde, ça fait le troisième colloque qu’on peut rien comprendre parce que ta gueule tu fais rien qu’à l’ouvrir. De mon temps y’avait du respect !

Il est vrai que les vieux Capuchiens ne sont pas connus pour la douceur de leurs manières, mais tout de même ces types y allaient un peu fort. Furnoncule que les hormones travaillaient avait besoin d’un bon bain de sang pour se remettre les idées en place, surtout après 3 heures de débats à faire débander un régiment de pendus. Tandis qu’il se levait pour aller parlementer avec les belligérants, Gilberteinne se redressa en couinant.
-Eh les connards, hurla t’elle du haut de ses 140 kilos bien pesés, ptet que si vous étiez pas si cons vous arriveriez à distinguer les conneries que vous baragouinez des bruits de vos pets.
Grave erreur ! Ou cette fille était aussi demeurée qu’une génisse le jour de la traite ou bien elle en avait deux sacrément bien pendues. Alors que Furnoncule amorçait une descente en douceur vers un des encapuchonnés du fond, Gilbertienne enfonça le plexus du chef dans sa cage thoracique d’un unique et violent coup de boule. Décontenancé, Furnoncule en oublia toute sa véhémence sanguinaire, ennivré soudain par les formes hypnotiques de cette chavirante gaillarde. Tout en la dévorant amoureusement d’un regard de chanoine lubrique, il arbora son plus beau sourire pour aller l’aborder comme un navire de corsaire aborde une diligence.

Furnoncule était l’archétype du bellâtre de classe moyenne que Gilbertienne exécrait mais il avait dans les hanches la sensualité d’un ballet de danseurs Argentins et disposait d’un boule de black a faire pâlir un ballon de football. Il s’adressa à Gilbertienne avec la candeur d’une pousse de bambou perçant les dernières neiges de l’hiver et ses joues s’empourprèrent lorsqu’il se décida enfin à l’inviter boire un coup au troquet du coin. Ca tombait bien, le Cerf Farceur était un rade bien tenu qui se trouvait juste à la sortie de l’université. Les 800 marches qui séparaient les deux bâtiments auraient en plus la vertu de tenir les encapuchés à distance.

L’Auberge du Cerf Farceur était un endroit modérément attirant mais qui sentait bon la sueur et les discutions y allaient bon train. Le poing dans la gueule et le coup de latte dans les parties servant parfois d’antithèse aux apprentis rhétoriciens qui venaient y affuter leur dialectique. Bref, c’était un endroit dans lequel Gilbertienne et Furnoncule se sentaient bien.

Il faisait partie de la branche modérée des cultiriste de l’église de Jésus-Christ-de-la-nuit-noire-de-la-fin-des-temps, Elle s’intéressait juste aux coquillages. Leurs vides affectifs se résorbèrent mutuellement dans l’excès de consommation d’alcool, pourtant proscrite par la sororité des coquillologistes abstinentes dont Gilbertienne était une fidèle partisane. Ah ! L’amour. Au fur et à mesure de leurs rencontre une tendre complicité les lia irrémédiablement. La brasserie du Cerf Farceur devint cet endroit magique ou leurs rêves prenaient corps, au sens figuré comme au littéral. Gilbertienne avait besoin de l’esprit borné de Furnoncule et Furnoncule avait besoin d’exprimer ses penchants naturel de domination paternaliste sur quelqu’un de plus balaize que lui. Gilbertienne n’était pas dupe mais elle consentait volontiers à laisser de petit crétin exprimer ses bas instincts tant qu’il continuait à bouger sa petite croupe comme un félin chassant la gazelle lors d’un concours de mambo. De toute façon, un coup de boule et c’était réglé.

De nouvelles opportunités s’ouvraient enfin à Gilbertienne après toutes ces années d’abstinence. Ah, ils allaient voir ces trous du culs de la fédération de Coquillologie de l’université de l’Eglise-du-saint-sauveur-des-derniers-sacrements. Ce ramassis de couilles molles et vagins flasques s’étaient bien foutus de sa gueule lors de sa conférence sur la chromatographie des carapaces de Berniques, maintenant venait l’heure de la dîme et de la gabelle et ça allait être sauvage ! Gilbertienne comptait bien leur envoyer un Furnoncule gonflé à mort par les anabolisants qu’elle glissait dans son café aux stéroïdes. Abruti jusqu’à la couenne il foncerait dans le tas comme un Bison défiant une locomotive. Le pire c’est que Furnoncule aimerait ça. « Putain que c’est beau l’amour » se surpris t’elle à penser en vidant sa troisème bouteille de Viandox du petit déjeuner.

Après avoir plaidé la folie passagère pour le massacre d’une trentaine de congressistes, Furnoncule était sortit du tribunal comme un héros, le jugement expéditif ayant permis aux jurés de rentrer à l’heure pour voir le match. Gilbertinne qui avait obtenu sa veangeance décida de couper court à leur relation. « Et puis merde quoi, t’es jeune, fais pas chier », lui avait elle déclamé avec la fougue d’une lampe a Petrole avant d’aller se perdre dans les lueurs finissantes d’une chaude journée d’été.

Robinarde Paletot se souvient encore de sa rencontre avec Furnoncule, de la première fois qu’elle avait posé les yeux sur ce type aux faciès de bovin dépressif qui arborait un port de tête tout à fait fascinant. Sous ses traits épais elle avait su déceler la fragilité d’un esprit sensible et brisé pas la vie, brisé par les sentiments. Elle l’avait croisé au bistrot alors qu’il vantait sa bonne étoile à une assemblée de vieillards à Capuche qui semblaient suivre son récit avec attention. Robinarde détestait les capuchistes et à entendre son récit, Furnoncule semblait avoir un complexe de virilion assez singulièrement handicapant. L’occasion était trop belle. « Putain de Capuchistes de merde ! » avait elle pensé tout haut en passant devant eux. La discussion se figea et le groupe de vieillard se retourna l’écume aux lèvres. Au moment elle s’apprêtait à cogner son premier octogénaire tandis que celui-ci bondissait vers sa jugulaire toute dents dehors, Furnoncule s’était interposé en la saisissant dans une étreinte gladiatoriale. « Jackpot » avait elle pensé comme elle lui répondait d’aller se faire foutre et qu’elle était assez grande pour rendre les coups toute seule « Toi mon beau, tu vas chavirer ». Effectivement, Furnoncule avait chaviré, malgré sa timidité maladive il avait embrassé Robinarde fiévreusement en lui serrant la taille d’une main tandis que de l’autre il foutait des baffes aux Capuchistes qui lui avaient déjà bouffé deux phalanges. « Putain que c’est beau l’amour ».

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